Dans un monde numérique, où les téléphones portables et les messageries nous permettent d’échanger jour et nuit toute la semaine, le droit à la déconnexion instauré par la loi El Khomri en 2017 entend protéger la vie personnelle des salariés. Des initiatives ont ainsi vu le jour dans le cadre d’accords d’entreprise, dont la plupart concernent le temps passé en dehors du bureau. Mais d’autres sont possibles au sein même de l’entreprise ! Voici un aperçu des bonnes idées pour préserver la bonne santé – et la productivité – des salariés.
Instauré par la loi travail du 1er janvier 2017 ou loi El Khomri, le droit à la déconnexion s’adresse aux entreprises de plus de 50 salariés et poursuit trois objectifs : assurer le respect des temps de repos et de congés des salariés, garantir l’équilibre entre vie professionnelle, vie personnelle et familiale et enfin protéger la santé physique et mentale des salariés[1]. Il faut dire que la place prise par les outils numériques dans nos vies a un impact considérable sur l’organisation du quotidien. Selon une étude menée par le cabinet de conseil Eléas en 2018, 43% des salariés les utilisent plus de 6 heures par jour. Parmi eux, 47% en font usage le soir après le travail, 45% le week-end et 35% pendant leurs congés[2]. Les 18-29 ans sont particulièrement exposés au risque d’hyperconnectivité. Or depuis plus d’un an, la généralisation du télétravail n’a sans doute rien arrangé.
Des initiatives encore timides au sein des entreprises
Si les entreprises restent encore timides sur le déploiement de solutions, certaines ont diffusé des chartes de bonnes pratiques pour encadrer les horaires d’envoi d’emails, préserver le respect des périodes de congés, etc. La Poste invite par exemple ses collaborateurs à ne pas répondre aux messages reçus et à ne pas solliciter leurs collègues en dehors des heures de travail. Une mention rappelant ce principe est insérée dans la signature de mail. Une fenêtre pop-up apparaît même sur l’écran d’ordinateur de l’expéditeur pour proposer de différer l’envoi du mail sauf cas d’urgence[3]. Ces initiatives sont essentielles, mais elles concernent d’abord la vie en dehors du bureau. D’autres entreprises vont finalement plus loin en mettant en place des possibilités de déconnexion au sein même de leurs bureaux.
Aménager l’environnement de travail pour encourager la déconnexion
Le Groupe Orange et l’Apec proposent par exemple à leurs collaborateurs de se déconnecter de leurs outils pendant deux heures, tous les jours. Idem chez Intel qui invite ses salariés à couper messagerie et téléphone tous les mardis matin. Objectif : permettre à leurs équipes de se concentrer pleinement sur les sujets qui méritent de l’attention et les protéger des interruptions intempestives. D’autres consacrent même un espace au calme. Particulièrement visionnaire, le constructeur automobile Renault a inauguré un « calm space » dès 2014 ! Pouvant accueillir 60 personnes, l’espace est accessible 20 minutes par jour, de 9 heures à 20 heures pour se reposer… voire faire la sieste. Même chose chez Adidas, à Strasbourg, où il est obligatoire d’éteindre son téléphone avant d’entrer dans l’espace zen. Dans les locaux parisiens de l’entreprise publicitaire Critéo, ce sont même plusieurs espaces qui sont consacrés aux repos et à la déconnexion : la zen room et la quiet room[4] . Est-ce un hasard si l’entreprise figure au palmarès du classement Great Place to Work ? Et les bonnes idées ne s’arrêtent pas là : installer temporairement des brouilleurs de réseau, créer des zones blanches sans wifi, imposer de mettre les téléphones portables dans une boite à l’entrée de certaines réunions, etc.
Des mesures qui bénéficient à tous
Les bénéfices de ces engagements sont nombreux pour le salarié… comme pour l’entreprise. Plus de déconnexion entraîne en effet moins de stress, permet un repos de meilleure qualité et entretient la motivation du salarié pour son travail. C’est autant de situations de burn-out en moins. En outre, améliorer la qualité de vie au travail permettrait d’augmenter la productivité – donc la satisfaction des clients – de 21% selon un sondage de l’institut Gallup. Bref, une situation gagnant-gagnant qui mérite que l’on s’y attarde. Et vous par exemple, comment pouvez-vous aménager vos bureaux pour encourager la déconnexion ?
[1] https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A14652
[2] https://www.welcometothejungle.com/fr/articles/droit-a-la-deconnexion-loi-entreprise
[3] https://www.laposterecrute.fr/article/droit-d%C3%A9connexion
[4] https://www.cadremploi.fr/editorial/actualites/actu-emploi/detail/article/salles-de-sieste-5-entreprises-qui-donnent-lexemple.html