Paris 2031 : une journée avec les hologrammes

Paris 2031. Cela fait déjà 60 ans que le physicien britannique d’origine hongroise Dennis Gabor a reçu le prix Nobel de physique pour l’invention de l’holographie en 1971. Une éternité.

Sa technologie aura mis du temps pour être utilisée en entreprise. Mais l’épidémie de Covid19 il y a 11 ans lui a donné un coup de fouet fantastique. Alors que le coronavirus continuait à circuler et muter, l’hologramme est devenu une solution miracle pour réduire voyages et contacts, sans perdre l’illusion de la présence physique. La distanciation sociale 4.0.

9h accueil

C’est Hector, l’hologramme humanoïde qui accueille tout le monde avec un sourire lumineux. Hector, doté d’intelligence artificielle est reliée par domotique à tous les équipements de l’entreprise, devance les désirs et habitudes de chacun. Un vrai Chief Happiness Officer 3D ! Grâce à un algorithme, Hector combine les données d’occupation des espaces en temps réel à la météo et aux préférences utilisateur pour déterminer quel espace le nouvel arrivant peut occuper aujourd’hui. En me saluant, Hector a d’ailleurs déjà lancé la machine à café située à proximité du bureau B qu’il me destine et baissé les stores végétalisés pour atténuer l’impact du soleil car il fait déjà 33°C.

11h30 Visio-conférence par hologramme avec les fournisseurs chinois

L’hologramme de mon collègue Léonid vient s’asseoir à côté de moi. C’est le responsable qualité qui se fait représenter par son avatar numérique. Nous avons rendez-vous avec nos partenaires chinois qui travaillent à la conception d’une nouvelle génération d’exosquelettes, qui doit augmenter les capacités physiques des manutentionnaires dans les entrepôts. Notre smart-room sert d’espace de réunion. D’une capacité de 14 places physiques, elle peut en fait accueillir jusqu’à 250 participants virtuels. Les chaises sont également des hologrammes. De Chine, les partenaires peuvent suivre la réunion et intervenir depuis leur ordinateur ou leur smartphone.

Pour travailler en présence holographique, nous avons été scannés dans un studio de « réalité mixte ». Ces studios sont équipés d’appareils d’éclairage et de caméras haute résolution qui permettent de capturer notre hologramme numérique. Après avoir obtenu une copie visuelle, l’IA et la synthèse vocale sont utilisées sur des enregistrements de nos voix. Ces signatures vocales permettent à nos hologrammes de faire des réunions dans toutes les langues, sans traducteur. Pratique !

La technique a été exposée par Microsoft Inspire il y a 12 ans en 2019. Grâce au feedback dit « haptique », également développé dès la fin des années 2010, des gants nous permettent aujourd’hui de ressentir la poignée de main donnée à l’hologramme de l’équipe chinoise et de toucher les exosquelettes que nos partenaires nous proposent.

C’est la start-up française Holusion qui avait fait une percée en feedback haptique dès 2019. Ils avaient créé des hologrammes de produits de luxe qui permettait de garder les bijoux de valeur sous clé pendant les essayages. Aujourd’hui les produits proposés par nos fournisseurs sont présentés par hologramme par l’intermédiaire des smartphones dernière génération, Hydrogène 7, le descendant de l’Hydrogen One, le premier smartphone holographique conçu par la société RED en 2018. Malgré le flop monumental à l’époque, le concept a été perfectionné. Les mobiles disposent aujourd’hui d’un écran capable de diffuser du contenu trois dimensions.

15h30

Nous visitons à distance les entrepôts où sont testés les exosquelettes de manière virtuelle. Économie de carbone assurée ! Les déplacements physiques, nécessité écologique oblige, sont aujourd’hui fortement dissuadés.

19h30

C’est l’heure de l’afterwork, bien réel celui-là. Là, les hologrammes n’ont eu aucune chance.


Laisser un commentaire