Depuis la crise sanitaire, la généralisation du télétravail a poussé les entreprises à revoir la manière dont elles occupent leurs bureaux. Comment utiliser en effet des espaces accueillant moins de monde qu’auparavant ? Comment par ailleurs animer un plateau qui vit au rythme d’une organisation hybride ? Comment répondre enfin au besoin de convivialité des collaborateurs présents sur site ? Le choix et l’agencement du mobilier font partie des réponses à ces questions. Interview croisée d’Eugénie Terrier, Directrice de développement chez FAMO (fabricant portugais de mobilier de bureau), et Johanna Canalias, Directrice de mission chez Phi-Link.
Quels sont les changements majeurs que vous avez observés chez vos clients depuis la crise du Covid ?
Johanna Canalias : Sans grande surprise, nous observons d’abord une vraie adaptation des espaces, du mobilier et des technologies à l’organisation hybride du travail. Ensuite, de nombreuses entreprises ont compris qu’elles devaient désormais proposer différentes typologies d’espace correspondant aux différentes activités de la journée : des espaces de créativité, de rencontre, de réunion projet et d’autres de réflexion, de travail concentré, de petits points d’équipe.
Eugénie Terrier : De notre côté, le passage en flex office est manifeste. Les entreprises cherchent à libérer des mètres carrés et nous sommes très sollicités pour nos solutions de rangement, de type casiers. L’autre demande très importante est liée à la nécessité de faire revenir les salariés au bureau. Pour y parvenir, nous apportons de la modernité et du bien-être au cœur de l’environnement de travail. Enfin, le besoin de convivialité revient souvent et les entreprises intègrent d’ailleurs de plus en plus souvent des espaces informels pour favoriser les rencontres et les échanges.
En quoi le mobilier participe à ces évolutions des façons de travailler ?
J.C. : On n’utilise pas le même mobilier selon que l’on veut dynamiser un espace de réunion ou créer un espace de travail individuel. Le mobilier envoie toujours un message sur l’usage de la salle. Pour des points d’équipe réguliers par exemple, on proposera plus facilement des tables sans assise et un mur écritoire. On évite ainsi les réunions de 3 heures. Le mobilier donne également des indications sur la culture de l’entreprise : plutôt classique ou très moderne ? Plutôt formelle ou décalée ? Ce sont des points à prendre en compte pour un(e) chef(fe) d’entreprise.
E. T. : Aujourd’hui, les salariés ont besoin de se sentir bien, un peu comme chez eux, mais qu’ils puissent travailler dans de meilleures conditions. Pour faire de leur moment au bureau un moment agréable, nous sommes attentifs à l’ergonomie des fauteuils et des postes de travail. Notre rôle est de donner envie aux salariés de revenir au bureau chaque semaine en leur offrant des espaces de travail variés, fonctionnels, hybrides et attractifs.
J.C. : C’est vrai ! Quand ils viennent au bureau, les salariés attendent une expérience différente de la vie à la maison.
Quels avantages les entreprises ont-elles à gagner dans cette démarche ?
E. T. : Depuis le Covid, la tendance s’est inversée : c’est désormais aux entreprises de donner envie aux jeunes diplômés de rejoindre leurs équipes. Le mobilier joue un rôle-clé, c’est la raison pour laquelle nous sommes extrêmement sollicités depuis 2021.
Mon rôle est d’accompagner nos clients et les guider vers un nouvel aménagement qui rendra leurs futurs locaux bien plus attrayants et productifs. A mon sens, nous en sommes qu’aux prémices : la grande majorité des entreprises devront y venir pour leur image et la pérennité de leur société.
J.C. : Il suffit parfois de changer de mobilier pour changer tout un espace et faire évoluer la dynamique collective, même sans abattre les cloisons ! Chez Phi-Link, nous avons des clients qui ont cessé de louer des espaces extérieurs et disposent désormais d’espaces multifonctions, dont la surface a été optimisée et qui sont utilisés toute la journée pour des usages différents. L’entreprise comme les collaborateurs en sortent gagnants.