L’emploi des personnes en situation de handicap à l’épreuve de la Covid-19

Du 16 au 22 novembre s’est tenue la 24e semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, l’occasion de faire le point sur la relation entre les entreprises et les personnes en situation de handicap dans un contexte fortement marqué par la crise sanitaire de la Covid-19.

Si la sensibilisation des entreprises en matière d’emploi des personnes handicapées semble progresser, les chiffres officiels montrent qu’il reste du chemin à parcourir. Le taux de chômage des personnes handicapées est de 16%, deux fois supérieur à la moyenne nationale. Dans le secteur privé, les taux d’emploi fixés à 6% ne sont pas atteints, avec seulement 3,9% des emplois occupés en 2018 (contre 5,83% en 2019 pour le secteur public).

Quels impacts de la crise sanitaire sur le recrutement des personnes handicapées ?

Alors que la crise sanitaire entraîne des conséquences économiques lourdes pour de nombreuses entreprises, l’inquiétude des associations grandit. Véronique Bustreel, de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) estime que « l’activité partielle, l’arrêt maladie pour les personnes vulnérables, le développement du télétravail ou les mesures de soutien à l’activité professionnelle ont permis de limiter les dégâts », mais constate toutefois « un gel des recrutements et un arrêt des formations. »

Au premier semestre 2020, les recrutements de personnes handicapées auraient en effet reculé de 20 à 30% selon les sources et les types de contrat. Arnaud de Broca, président du Collectif Handicaps s’inquiète ainsi d’une possible confusion entre « handicap et vulnérabilité au virus, qui pourrait rajouter une image négative pour embaucher. » Une meilleure compréhension des situations et enjeux liés au handicap est d’autant plus importante que « beaucoup (des personnes handicapées) peuvent être opérationnelles tout de suite et ne sont pas forcément en situation de fragilité », précise Marlène Cappelle déléguée générale de Cheops (Conseil national han­dicap & emploi des organismes de placement spécialisés).

« Il n’y a pas de performance économique sans performance sociale »

Dans ce contexte, le gouvernement a instauré un dispositif de relance doté de 100 millions d’euros, dont 15 sont destinés à l’emploi accompagné et 85 aux aides à l’embauche. Mais comment convaincre les entreprises d’accélérer l’intégration des personnes handicapées ? « La première chose à faire est de sensibiliser l’entreprise à tous les échelons, de la direction à l’ouvrier en passant par le management, explique le Docteur Mounir Ghebdane, médecin du Ciamt. Il est important de faire comprendre que le handicap peut survenir à tout moment de la vie et de travailler sur les idées reçues, notamment le lien entre handicap et manque de performance. »  Pour quels bénéfices ? Selon le Dr Ghedbane, « il n’y a pas de performance économique sans performance sociale. Les entreprises investissent sur l’humain et transforment une contrainte apparente en opportunité. En effet, un salarié auquel on est attentif est un salarié qui s’épanouit et s’engage pour son entreprise. La démarche de l’entreprise a également un effet sur ses collègues qui savent qu’on ne les lâchera pas en cas de problème. Cela renforce le collectif. »


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