Né il y a une quinzaine d’années du côté de San Francisco, le coworking s’est imposé partout dans le monde. Si les travailleurs indépendants constituent le premier public de ces espaces de travail partagés, les entreprises s’y installent aussi désormais de plus en plus… au point que certains bailleurs développent même une offre intégrant cette dimension coworking
Historiquement, le coworking concerne d’abord les travailleurs indépendants, freelance et autres auto-entrepreneurs soucieux de sortir de chez eux et de leur solitude pour évoluer dans un cadre de travail plus formel, rencontrer des gens, voire saisir de nouvelles opportunités. « Les espaces de coworking offrent une certaine ouverture sur les autres et les métiers. Y travailler est un moyen de créer un réseau », confirme Boris Vilain, Président de Phi-Link. Le concept répond en outre à une évolution des façons de travailler, marquées par le télétravail et devenues plus nomades.
Devant l’engouement pour le phénomène, les entreprises sont nombreuses à avoir décidé d’y installer – temporairement ou sur le long terme – une équipe ou certains de leurs salariés. « Par rapport à un bail commercial, le coworking présente des avantages non négligeables, explique Boris Vilain. Pour commencer, il est plus flexible. Selon ses besoins, une entreprise pourra décider de louer quelques postes en open-space, un bureau ou bien un espace totalement privatisé. Ensuite, la rapidité de mise en œuvre est imbattable. La durée d’engagement est très courte et à peine avez-vous signé le contrat que vous pouvez installer votre ordinateur. » Pour les entreprises n’ayant pas de grande visibilité sur l’avenir de leur activité, l’argument pèse lourd. Enfin, les espaces de coworking proposent un contrat de prestations qui enlève à l’entreprise toutes les contraintes habituelles des services généraux. Ameublement, réparations ou encore certains consommables comme le café, tout est compris et géré par le lieu.
Pour l’entreprises, des équipes et une image redynamisées
L’autre aspect qui séduit les entreprises est le dynamisme véhiculé par le coworking. Cette réputation tient notamment au fait que l’animation y est souvent riche et de qualité : présentations d’ouvrages, de solutions, de services, organisation de speed datings professionnels, retours d’expérience, etc. « Avoir une jolie cafétéria et du bon café ne suffit pas. C’est l’animation qui permet de créer un esprit d’équipe et d’insuffler de l’énergie à ses collègues, précise Boris Vilain. Mais cette animation représente du budget, du temps et de l’énergie que les entreprises n’ont pas toujours. En coworking, l’offre est intégrée dans l’abonnement. »
Pour une entreprise, adopter le réflexe du coworking joue enfin sur son image. La capacité à être flexible prouve que l’entreprise a intégré les nouvelles habitudes de travail, mais surtout les attentes des salariés. En ce sens, elle se montre particulièrement attractive auprès des jeunes talents. « Il faut dire que les espaces de coworking sont esthétiquement bien traités, connectés, situés au cœur des villes dans des endroits non seulement accessibles mais aussi attractifs. Tout cela renvoie une image de modernité qui rejaillit sur l’entreprise », analyse Boris Vilain.
Du bail classique aux baux mixtes ?
Les bailleurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. Aujourd’hui, certains développent une offre mixte mêlant, au sein d’un même immeuble, des bureaux enregistrés sous un bail commercial classique et un espace dit de « pro-working ». Cette tendance émergente devient même un véritable argument de vente. Pour Boris Vilain, « l’idée est que cet espace partagé, au cœur des bureaux classiques, va apporter une certaine émulation. Beaucoup de start-ups investissent les bureaux de coworking, qui constituent donc, pour les propriétaires, un vivier de clients potentiels. En étant proches de ce type de structures, les entreprises voient aussi une façon de rester attentives aux innovations, et de bousculer leurs salariés en provoquant des rencontres, des échanges. Certaines sociétés implantent d’ailleurs leur département R&D au sein de ces espaces… ou bien l’inverse : certains grands groupes intègrent des incubateurs de start-ups au cœur de leur siège social. C’est tout sauf un hasard. » Disposer de bureaux partagés au sein de son immeuble permet en outre d’organiser ponctuellement une réunion avec des clients, d’accueillir des collaborateurs/collaboratrices venus d’ailleurs ou des équipes de consultants. « Les entreprises s’approprient peu à peu le concept du coworking et il est évident qu’elles sont séduites par ces notions de flexibilité, de service et d’image. Chez Phi Link, nous sommes convaincus que des contrats de services pourront devenir une alternative aux baux classiques, au point de dépasser le cadre du coworking. Bientôt, les bailleurs proposeront en effet aux occupants de leurs immeubles de faire un choix entre un contrat de bail classique et un contrat de services, à l’image de ce qui se fait en espace partagé… sans qu’il s’agisse forcément de coworking !»