Le potager d’entreprise

Un potager dans les locaux ? Loin d’être anecdotique, le jardin d’entreprise est une option que de plus en plus de sociétés intègrent à leur démarche spaciale et RH. Du potager d’intérieur en kit à la terrasse cultivée, ou à la friche réhabilitée, le « jardin corporate » s’adapte à la surface disponible.

Le premier effet de la verdure au travail est physiologique. Les plantes, qu’elles soient comestibles ou décoratives, améliorent la qualité de l’air intérieur des bureaux, 10 à 100 fois plus pollué que l’air extérieur. Imprimantes et photocopieuses émettent en effet des composants volatiles toxiques, que les plantes filtrent, assainissant ainsi l’air.

L’impact psychologique de la verdure au travail a été mesuré par l’université de l’Oregon. Dans son rapport « The economics of biophilia », elle établit qu’une vue sur la verdure permet de réduire l’absentéisme de 16% (une moyenne de 57 jours d’absence contre 68 pour ceux qui n’ont pas de vue) et d’améliorer la compétitivité. « Incorporer la nature dans l’espace construit n’est pas un luxe mais un investissement économique sain dans la santé et la productivité » estiment les chercheurs.

Mais l’approche doit être globale. « Il ne suffit pas de mettre des plantes dans un bureau pour diminuer les risques psychosociaux » analyse Damien Richard, professeur à l’INSEEC. « Il faut une véritable démarche managériale autour des plantes pour un effet bénéfique ». Dans son étude « Du sens, du lien, de l’activité et du confort » publiée dans la Revue française de gestion n°259 (2015), le chercheur a établi que la première source de bien être au travail résidait dans la qualité du lien social et non du confort. Le potager, s’il est associé à une démarche participative transversale, peut participer à l’amélioration de cet environnement humain. 

Le constat est mis en application par Romain, cofondateur de « Ciel Mon Radis ». L’entreprise propose des potagers en kit pour l’espace de travail. « Le potager est un outil de travail à disposition du RH pour améliorer les relations humaines au travail » estime -t-il. « Nos clients ne le font pas pour l’image mais par réel souci d’améliorer le bien-être au travail. C’est un espace de pause et d’échange, un centre d’intérêt commun ». Bouygues, Icade, Google ou La Poste ont déjà testé leurs ateliers autour des mini légumes et fleurs comestibles. Un intérêt bien compris par les DRH, qui voient dans ces moments consacrés aux tomates ou au basilic un outil de « team building », un catalyseur de l’esprit d’équipe, un moyen de créer des relations entre deux services qui ne sont pas amenés à se côtoyer dans le quotidien, ou d’intégrer un nouvel élément. 


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