Contrairement à l’air extérieur, la qualité de l’air intérieur des bureaux est une problématique encore peu explorée… hormis par la Nasa ! L’agence spatiale américaine s’étant penchée sur la question pour le confort respiratoire de ses astronautes, elle a livré au public les résultats de ses études sur la manière d’améliorer la qualité d’un air confiné grâce à des plantes vertes…
En France, l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a pris l’initiative d’actualiser les résultats de l’agence spatiale : une campagne de mesure nationale dans 300 immeubles de bureaux de toute la France est actuellement en cours.
Bureaux : attention aux COV !
Au bureau, l’ennemi est multiforme : il porte le nom de COV, acronyme de Composés Organiques Volatiles, ces substances que rejettent avec générosité ordinateurs, imprimantes, photocopieuses et autres appareils de bureautique. Un exemple parmi d’autres : les imprimantes, notamment laser, émettent des particules et de l’ozone lors de leur fonctionnement. L’ozone est, quant à lui, formé lors de la décharge électrostatique qui a lieu pour chaque impression.
Les concentrations de particules néfastes dans l’air des bureaux peu vite atteindre des concentrations non négligeables… Et vu le temps passé au travail, cette pollution peut avoir un impact sur la santé et les performances des occupants.
Des plantes au secours des poumons ?
A en croire la Nasa, les plantes dépolluantes pourraient venir au secours de nos poumons. L’organisme a publié dans les années 80 une liste de plantes efficaces pour éliminer des polluants chimiques, comme le benzène ou le formaldéhyde.
Plants for People -une initiative internationale visant à diffuser des informations sur les bénéfices apportés par les plantes dans l’environnement du travail- propose ainsi sur son site une liste des plantes les plus efficaces en fonction du type de polluants qu’elles sont capables d’extraire. Parmi les plantes à choisir : contre les COV des peintures et autres détergents, le lierre, l’aloé vera, et le ficus seraient les plus efficaces. Le cactus contre la pollution électromagnétique (ordinateur, matériel TV, hi-fi, vidéo), le chrysanthème contre les solvants, le chlorophytum, le pothos, la sansevière, le lierre, contre le monoxyde de carbone (dégagé notamment quand les appareils de chauffage sont défectueux, la fumée…
Alors, à vos pots !
L’Adème apporte toutefois un bémol. En association avec le Laboratoire des Sciences Végétales et Fongiques de la faculté de pharmacie de Lille, le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) et l’association Plant’Airpur, l’Ademe a lancé en 2010 le projet Phyt’office, qui a pour objectif de tester les capacités dépolluantes des plantes d’intérieur en conditions réelles, dans un bureau.
Les tests de la première phase du programme ont montré que la configuration plantes avec sol, racines et microorganismes est la plus efficace pour dépolluer l’air, mais n’agirait qu’à la marge pour certains polluants. Le monoxyde de carbone est celui dont les baisses de concentration ont été les plus fortes. Vient ensuite le formaldéhyde, puis en dernière position le benzène.
Alors, pour lutter contre les COV au bureau, une mesure radicale cette fois : l’aération et le ménage avec des produits non nocifs.